Anouch

« (13) Une femme suit des yeux l'homme vivant qu'elle aime. »
René Char, En trente-trois morceaux

pour Kristo

là enfin l'embellie

là enfin l'embellie
ton lit n'a plus                 que la forme de
                                                               nous
aiguilles de son temps tournoyant dans le noir

au centre nous brûlons
tantôt une lenteur de paume coulée de miel
tantôt rafale folle ou roulis ravageurs

puis la brise
immobile
ton souffle
sur ma fièvre
presque        rien

tes mains sont des fougères ma peau mousse de joie

qui parmi mes amis dont les yeux sont ouverts
qui m'aurait pu prédire l'amour au cœur des bois ?



du travail pour les paupières

j'ai mis de l'eau dans mon chant
cuvé les trop longs désirs

désirs morts entre les dents écumant aux yeux va-sans-dire





Depuis ses 6 ans, Anouch Paréécrit, plus ou moins, mais toujours en douce — parfois compulsivement. Petits cailloux désirant sur une route s'élargissant — brute. Depuis une dizaine d'années, plus précisément pour des voix : en scène (pour laquelle est également metteure en scène et comédienne) et actuellement pour la radio. Écrit en français parce que c'est sa langue natale, ignorant tout de sa langue maternelle — ce qui invite à ronger jusqu'aux racines des mots. Sinon, une enfant déjà grande, un chat toujours roux, des amis et un homme fêté tant bien que mal, dans un monde grand qui rapetisse à mesure qu'il se coupe les ailes et se marie au plomb et au ciment armé.

10 commentaires:

  1. Intense et inventif et très beau.À bientôt ?

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    1. en Juin avec Lychen - ailleurs plus tard... Merci pour votre mot

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  2. ERIC CUISSARD1 mai 2017 à 09:44

    "T'as le rimmel qui fout le camp, c'est le dégel des amants..." Très beaux cris de joies et de peines. Merci Anouchka.

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  3. Deux très beaux textes que j'ai plaisir à lire et relire. Merci!

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  4. J’ai le neuneuil tout vert également mais je crois qu’aucune prédication n’aura la luxuriance de votre beau poème… « tes mains sont des fougères ma peau mousse de joie », entre pores et spores la poésie tisse une délicieuse sensualité.

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    1. Au plaisir d'avoir partagé dans lichen avec vous mes légèretés, et merci

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  5. enfin des palpitations audibles ....!

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  6. ... Et merci d'y prêté oreille...

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