Bénédicte Rabourdin



Les suites de la combine

Merci de m’recevoir dans votre cabinet
Je vous avoue docteur, je n’me reconnais pas
Depuis l’intervention j’ai la bille empaillée
La binette plus raide qu’une bûche de bois

Je comprends bien docteur, vous n’aviez pas le choix
Vous avez tout tenté pour m’retendre le cuir
Les tissus ont lâché, ce sont les aléas
Fallait tout r’commencer pour éviter le pire

Enfin tout d’même docteur, quand je marche dans la rue
Dans l’reflet des vitrines, je garde mon sang froid
Pour ne pas sursauter devant cette inconnue
Avant de constater que ce n’était que moi

Alors c’est vrai, docteur, si c’était à refaire
Je garderais mes rides et ma gueule d’autrefois
Enfin voilà, docteur, y a plus grand-chose à faire
Alors n’en parlons plus... Au fait, combien j’vous dois ?








Designer poétique et rêveuse graphique, la quarantaine galopante, Bénédicte Rabourdin vit en Haute-Savoie. Sensible à l'art, elle a suivi des études artistiques et se consacre depuis deux ans à ses deux premiers recueils illustrés qui devraient paraître cet automne. Pour découvrir sa petite production de rimes tordues, joyeuses et vivantes, rendez-vous sur http://concentrepoetique.blogspot.fr. Présente dans les n°s 12, 13 et 14 de Lichen.

8 commentaires:

  1. Rassuré de vous savoir toujours parmi nous! On aurait aimé avoir les photos avant/après!

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    1. Hihi ! Ne comptez pas sur moi pour me faire retendre la bobine !!!

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  2. Chère amie vous me ferez je vous prie, parvenir vos radiographies en échange je vous donne trois Pokemons et un petit bout de pizza !

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    1. 3 Pokemons et un p'tit bout de pizza ?!!! Même pas en rêve m'sieur le dresseur de poulpes... :)

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  3. Toujours aussi tordant (vu la situation, et de douleur aussi, la pôv') mais je suis également sensible à ce mélange de consternation devant l'irrémédiable et de désabusement presque détaché... Par-delà le comique, il y a chez cette charcutée une dignité qui impressionne. Elle ne perd pas... la face (houlà !) non, Bénédicte ? ;-)

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    1. Merci Clément ! A-t-elle vraiment le choix ? A priori, les sculpteurs de billes se déchargent de toute responsabilité... M'enfin, payer pour se faire charcuter, faut être sacrément désabusé quand même... Non ?

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  4. En tout cas, pas touche au poème, il est parfait ! :-))

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  5. L'amusant, -mais pas tant que ça- c'est le décalage, dont Clément parle avec ustesse. Et j'aime aussi beaucoup l'expression "sculpteur de billes".

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