Bénédicte Rabourdin

Les chocottes

Naguère je pensais qu’il serait toujours temps
Le jour d’la Saint-Glinglin, de prendre le volant
Et l’heure avait sonné depuis belle lurette
Il était temps pour moi de tirer la charrette

Et pour cette occasion, j’avais donné quatr’sous
Contre une vieille guimbarde qui n’valait pas un clou
Même si je n’voulais pas passer pour une chochotte
Cette grande expédition me donnait les chocottes

Comme je sentais mes nerfs qui faisaient du tricot
Des nœuds dans l’estomac à cause de ce tacot
Mon pied s’est emballé sous l’coup de la pression
J’crois bien qu’j’ai appuyé trop fort sur l’champignon

Et je suis r’descendue du haut d’mon trouillomètre
Car en réalisant tout juste quelques mètres
J’ai arrêté mon char en m’prenant pour Ben-Hur
Mais à mon désespoir, de plein fouet contre un mur












Designer poétique et rêveuse graphique, la quarantaine galopante, Bénédicte Rabourdin vit en Haute-Savoie. Sensible à l'art, elle a suivi des études artistiques et se consacre depuis deux ans à ses deux premiers recueils illustrés qui devraient paraître cet automne. Pour découvrir sa petite production de rimes tordues, joyeuses et vivantes, rendez-vous sur http://concentrepoetique.blogspot.fr.

11 commentaires:

  1. Rimer chochotte et chocottes, c'est digne de Guillemet de Parantez, ça!

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    1. Ah oui ! Un peu prévisible, finalement... non ?

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    2. Sans doute, mais il existe une contrainte Oulipienne qui consiste à commencer une histoire avec une phrase imposée et la finir par un "à peu près" de cette phrase. Chochotte et chocottes n'ayant qu'une lettre de différence se prêtent volontiers à l'exercice.
      Le dimanche, à 13h: les Papous dans la tête. France culture.

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  2. Charmant, drôle, et si j'ose dire, percutant...

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    1. Merci beaucoup Colette !
      Ravie que ce très court périple poétique vous ait plu !

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  4. Déjanté mirifique, il irait à une goualante néo-réaliste gondolable comme à sa roue voilée un essieu (ès cieux oui oui mais qd même sur terre !)crissant de rires trouillométrés, ou à sa boîte à gants un gant mais sans cambouis ou juste un p(n)eu, ou ... (et qui me dira pourquoi ? J'ai à l'oreille le Tango stupéfiant génialement foutraque de Marie Dubas & descendance, c'est comme ça). Bravo Bénédicte, j'ai fort aimé et je ne cesse.

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    1. Ah ah ! Z'avez du jus dans l'réservoir, Clément ! J'adore !
      Oui, il s'agit d'un modèle hybride à manivelle qui peut mettre un p(n)eu à plat (la copieuuuuuse...). Parce que ça éclate facilement ce genre de poème à la gomme. Ah oui ! Le Tango stupéfiant de Marie Dubas, c'est tout à fait ça ! Merci !

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  5. À manivelle... Well, y'en a pas many des comm'ça !
    Des qui mettent la gomme...
    Ceci est un compliment à essence)
    And so on ;-)

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    1. Voui, M'sieur ! A manivelle ! Et quand elle carbure au Diesel et qu'elle a un p'tit coup de pompe en goguette (un peu pompette, quoi...), elle arrive presque à rouler droit (pas toujours... (mais quand même...(un peu...(parfois...(...))))) Merci pour le compliment à essence ! ;)

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