Brice Noval

Norev

enfant je me souviens
j'accompagnais ma mère
une fois par mois
au marché couvert
de Villefranche-sur-Saône

avant de prendre le car
du retour
elle m'achetait dans une supérette
de la rue Nationale
qui s'appelait je crois
SUPERMAG

une voiture miniature
en plastique
un modèle réduit
de marque NOREV

j'avais déjà dans ma collection
la 2 CV
la 4 CV
la 203
la Dauphine
la DS
et la Dyna Panhard

ma mère n'est plus
NOREV n'existe plus
le magasin a changé d'enseigne
plusieurs fois
les jouets sont perdus
depuis longtemps

seul le souvenir résiste
au vent contraire
du temps



Urbain repenti, Brice Noval vit en ermite dans un village bourguignon, et tient un journal en vers irréguliers. Son blog : http://bnoval.hautetfort.com. Ce texte est extrait de Ceci n'est pas de la poésie (recueil en cours inédit).

4 commentaires:

  1. La plus belle des simplicités, celle qui, à travers ce déroulé apparemment lisse du souvenir, transmet l'émotion pensive sans besoin d'effets de recours. Merci !

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    1. Merci beaucoup pour votre commentaire. J'essaie en effet d'atteindre la plus grande simplicité, ce qui n'est pas simple à obtenir !

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  2. Je pense que tout le monde peut se reconnaître dans l'histoire de ce poème, moi le premier, la ville n'était pas la même, le magasin non plus, mais c'était aussi une petite voiture ou des indiens et des cow-boys. Touchant poème.

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    1. Merci. Les détails changent, mais les histoires sont les mêmes. Universelles.

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