Choses vues



Un mois de juillet très vauclusien, puisque des envoyés spéciaux de Lichen se sont trouvés au salon Typoésie de Gigondas le 16, puis au Festival de Théâtre d'Avignon le 18.


1) Le premier "Salon de l'Impression typographique et de la Poésie contemporaine" de Gigondas était organisé, à l'initiative des éditeurs Anick Vinay (Atelier des Grames) et Jacques Brémond dans le cadre des anciens Hospices de Gigondas, au pied des Dentelles de Montmirail, où étaient conviées les éditions de l’Arbre, Æncrages & C°, Rougerie, Imprints, Isabelle Sauvage, Verdigris, l'Atelier des Grames, Jacques Brémond, Collodion, Folle Avoine, Harpo &, Les Mains, l'Atelier du Hanneton, L’Archétype, l’Imprimerie d’Alsace Lozère et la graveuse Agnès Dubart. 


Nous avons déjà évoqué dans ces pages les éditeurs-typographes Jacques Brémond [Lichen n° 4, juin 2016] et Stéphane Landois (Atelier du Hanneton) [Lichen n° 7, octobre 2016].


Nous n'avions, en revanche, pas encore parlé de l'Atelier des Grames, installé à Gigondas depuis des lustres, où Anick Vinay poursuit le travail qu'elle avait entamé avec Émile-Bernard Souchière...


De magnifiques livres-objets, sur des textes de poètes tels que Bonnefoy, Cosculluela, Degroote, Emaz, Glück, Guez Ricord, Han, Parant, Pey, Sacré... Un travail très soigné et toujours étonnemment original.


Leur site : www.atelierdesgrames.com/
Pour accéder à leur catalogue :
http://poezibao.typepad.com/poezibao/files/21_catalogue_de_latelier_des_grames..pdf

2) Le Festival d'Avignon ne se présente plus. Créé en 1947 par Jean Vilar, c'est le plus grand théâtre de France pendant plus de trois semaines et, entre le dit "in" et le dit "off", plus de 1000 spectacles, avec le pire et le meilleur.
Nous avons choisi de voir Sleeping Point, associant William Shakespeare et Philippe Avron, par le comédien Jean-Jacques Minazio, mis en scène par Régis Braun — pièce dont on pourra voir un petit extrait en cliquant sur l'image ci-dessous (vidéo de Colette Daviles-Estinès).


Nous en avons profité également pour visiter l'installation de notre amie Sabine Venaruzzo à la Maison de la Poésie d'Avignon : une valise pleine de sable accueillait une statuette de terre et un tapis de petits galets. Dans le couvercle ouvert de la valise, un écran diffusait en boucle le documentaire réalisé par Rémy Masseglia à partir du projet aussi poétique que politique de Sabine autour de l'exil et des migrants. Les spectateurs étaient invités à inscrire un mot sur un galet.




3) Nous n'avons malheureusement pas pu assister au travail remarquable que le comédien et metteur en scène Frédéric Degoldfiem a réalisé à partir de La Nuit de Bernard-Marie Koltès, mais Frédéric Loison a bien voulu nous donner le texte qu'il a écrit après l'avoir vu.


"Cela faisait longtemps que je n'étais pas sorti en larmes d'une pièce de théâtre.
Mais est-ce une pièce de théâtre ?
C'est un texte magnifique de Bernard-Marie Koltès.
Et c'est une interprétation, une incarnation, et une mise en scène remarquables de Frédéric Degoldfiem.
Nous sommes face à l'autre dans un ailleurs que nous ne comprenons peut-être pas mais dont nous saisissons le vertige.
Nous sommes face à nous même car chacun peut soudain ou subrepticement glisser vers la déroute.
Frédéric Degoldfiem est saisissant ; alors que sa peau ne porte aucun maquillage, on croit voir la crasse sur son corps, et son odeur pour qui a déjà côtoyé ou parlé aux abandonnés de la rue.
Ce comédien est bouleversant ; sa voix, sa présence dans l'obscurité de la nuit nous transportent là où nous ne voudrions jamais échouer.
Cet homme désœuvré nous appelle camarade et nous voudrions lui tendre la main ; mais sommes-nous assez courageux pour poser un pied sur sa rive ?
Ne le ratez pas, plus que 6 jours dans ce festival qui croule sous l'obscénité de la bêtise alors qu'ici ou là l'intelligence fleurit.
" (Frédéric Loison)



Reportage : Colette Daviles-Estinès, Frédéric Loison et Élisée Bec.



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