Clément G. Second


Un poème (extrait de Encres de songerie, inédit)
  

En sous-main du banal quotidien, banale
et, versée dans le flot, l’épousant singulière,
mêlée, feinte diserte à ses masques possibles,
ardue à démarquer d’approchantes, cette envie
ou couvreuse laissant des blancs, mailles en nombre,
entrelacs,  jalousie à phases
comme d’une saison à l’autre un arbre repéré meut
différemment la vue et le besoin de voir

On la sent qui remonte et bat de ses lancinants,
même pas bredouillés d’abord, mal repérables
sinon par l’origine en creux rétracté, la crampe
inaboutie du for intime et parcourue si mal

Immensité d’argent niellée par le désir
semant petits, obscurs, étranges familiers,
ses signes par affinité tissus, faim et ressac

Rien d’autre qu’une écriture urgente puis sa traîne,
la lampe déséblouie sur somnolent clavier









Clément G. Second écrit depuis 1959 : poèmes (sortes de haïkus qu’il préfère nommer Brefs, sonnets, formes libres), nouvelles, notes sur la pratique de l’écrit principalement. Plusieurs recueils dont un, Porteur Silence, à paraître à l’automne 2017 aux Éditions Unicité de François Mocaër, et deux autres en cours. Parutions dans Le Capital des Mots,  La Cause Littéraire, 17 secondes, Harfang, Lichen, N47, Paysages écrits, Terre à Ciel, et d’ici quelque temps dans Décharge et Verso. Réalisations avec Agnès Delrieu, photographe (revues, blog L’Œil & L’Encre http://agnesdelrieu.wix.com/loeiletlencre). Proche de toute écriture qui « donne à lire et à deviner » (Sagesse chinoise), où « une seule chose compte, celle qui ne peut être expliquée » (Georges Braque), et qui relève du constat d’Albert Camus : « L’expression commence où la pensée finit ». Contact : a1944@hotmail.fr. Présent dans les n°s 2, 3, 6, 7, 8, 9, 11, 12, 13 et 14 de Lichen.

7 commentaires:

  1. La traîne de l'écriture: Une mariée donc, la gueuse! Mise à nu par ses célibataires même! Et qui les vide.

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  2. Je lis, je relis, je re-relis avec une sorte de stupeur, tant ce poème est fort *********

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  3. Derrière Eric Cuissard et Colette, je ne trouve pas les mots. Puissance, oui, et justesse aussi. Mais...je relis et votre poésie se fait neuve à chaque lecture. J'aime cette infinité des possibles, du comprendre. Oui, j'aime.

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  4. Écriture urgente qui traîne dans l'immensité...
    "la crampe inaboutie du for intime et parcourue si mal" J'adooore !!!

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  5. Clément G. Second,hypnopoétiseur.
    J'aime beaucoup le rythme ondulant. A la localité des volutes, l’origine en creux rétracté a des effets obnubilant.

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  6. Un flot où le désir s'insinue, qui nous embarque on se demande où, mais qu'importe, cela vaut le voyage !
    Amitiés

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