Daniel Birnbaum

Le vent 

Ce soir
venant de la crête souffle
un vent à creuser la vie de toutes parts
un vent noir
à dévisser les têtes
bien loin de la gymnastique des anges
aux accents de porphyre
les murs désagrégés saignent
les feuillages amers se contractent
et dansent sans mot dire
de la folie des hommes


Files de misère

Les longs peupliers de l’Orient
en files étroites et penchées
peignent le ciel de traine
d’un geste balancé
cherchant un second souffle
dans un peu de hasard
et sous les halos de lumières
étirant vers l’éclaircie
leurs tristes silhouettes
de sombres épouvantails
ils deviennent fantômes
qu’on voudrait voir se perdre
et ne plus hanter
nos oisives consciences.





Daniel Birnbaum

Travaille à Marseille, il a publié des textes dans plusieurs revues et ouvrages collectifs. Un recueil de poèmes a été publié aux éditions Décharge/Gros textes (Polder 165) en 2015 et deux ouvrages aux éditions Stellamaris.

3 commentaires:

  1. J'aime le flux de mots que votre chant conduit

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  2. Un vrai coup de cœur pour votre poème "Files de misère". Je l'ai relu à plusieurs reprises.

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  3. Deux poèmes imagés avec le spleen du poète en plus, on vit en ces lieux en lisant les textes.

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