Éric Costan


Petit pays


Ce chemin s'insinue quelque part 
Vers une enfance de chênes 
À l'envers
De ruisseaux vivants

De pâtures

Je ne sais pas d'où je viens

Mes parents aussi sont flous

Mais je me souviens des pierres blanches

Des trésors non pris

De lectures parmi les lézards 

Et des émois 

Petit pays abandonné

Même les cimetières ne grandissent plus

Souviens-toi 

Je ne sais pas qui je suis

J’ai eu tant de chiens 

Tant de lieux 

Mais je suis plein de ta beauté

Les collines d'épines 

Ne reconnaissent plus 

Le givre de mon chant 

Craquement des pas 

Morsure du bleu

Je reviendrai l’été

Pousser l'horizon








Né en 1969, Éric Costan réside près de Dinan, dans les Côtes d'Armor. Il a longtemps travaillé dans divers métiers du végétal et enseigne maintenant les lettres dans un lycée professionnel de Saint-Brieuc  Les mots sont partis il y a une vingtaine d'années et revinrent en 2014. Ils semblent vouloir rester. Son blog : http://ericcostan.over-blog.com/. C’est sa première apparition dans Lichen.

13 commentaires:

  1. Michèle Caplet Boudier30 juillet 2017 à 11:40

    j'ai déjà lu et apprécié ce poème plusieurs fois sur ton blog Eric et j'ai une fois de plus beaucoup de plaisir à redécouvrir et à te suivre dans ce petit pays . Heureuse pour toi de voir un de tes poème publié dans une revue si sympathique

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  2. Le relire ici... c'est en relire un autre, c'est y boire et y voir encore plus, encore mieux.

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  3. J'aime cette idée de "pousser l'horizon", merci...

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  4. Tu sais comme je l'aime, ton petit pays. Je m'y sens chez moi.

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  5. Heuuufff, comme ça emporte... Un grand merci pour la beauté profonde !

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  6. Merci pour vos regards.
    L'horizon de petit Pays vient d'être sacrément repoussé.

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  7. Lire en compagnie des lézards, des abeilles, dans une flaque d'ombre, sous la présence protectrice des collines, comme ici, bleues ou vertes selon la saison et s''en contenter; j'apprécie ce beau texte, merci

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  8. Une belle façon de laisser de côté l'identité pour s'ancrer dans un lieu et se trouver à travers lui.

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  9. Merci pour tous vos commentaires ici et ailleurs et un grand Merci à Lichen.

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  10. "Les collines d'épines /ne reconnaissent plus /le givre de mon chant/...Morsure du bleu"
    Tellement beau qu'on franchit la ligne de votre horizon,sans savoir d'où on vient...!

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  11. Très beau ce "Petit pays abandonné
"... !

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  12. Merci Inconnu et Bénédicte.
    Je suis heureux d'avoir su capter et partager cette beauté.

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  13. Comme un alter ego au "temps du retour". C'est très beau. Merci.

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