Fabien Drouet


Le pantin de mon ventre est trempé
je reste sous la lune
personne ne saurait dire si mes yeux coulent, d'ailleurs,
il n'y a personne ici
je fume
peinard
dans l'égouture d'un Réverbère
« c'est fou » me dis-je « la fumée monte malgré la pluie »
c'est arrivé d'un coup :
je ne nous connais plus

°

« Je ne me souviens plus de rien.
C'est arrivé d'un coup.
Un miroir. Face à moi. Peut-être que l'homme qui vit dedans
Sait quelque chose ?
Il me regarde, il me sourit :
« Je ne me souviens plus de rien.
C'est arrivé d'un coup.
Et puis nous nous pleurons,
mais ensemble.










"Bonjour, je vous écris de mon appartement dans lequel en ce moment je fais ce que j'adore faire, penser aux gens que j'aime-écouter en boucle les quatre même chansons-écrire-pleurer pour rien-regarder ma radio et ne pas l'allumer-me dire que c'est mieux comme ça-oublier mes besoins primaires-regarder des photos-fumer puis préparer quelque chose en fumant-me souvenir et ne parler de moi qu'à la première personne", déclare Fabien Drouet. Ces deux poèmes appartiennent au recueil Reflets du Hasard paru en juillet chez Appartement d'Édition la Terrasse. C’est sa première apparition dans Lichen.

2 commentaires:

  1. Cette capacité à apprécier et à fixer jusque dans l'éther et les distorsions le fabuleux du quotidien!
    Bravo Fabien pour cette Poésie.

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  2. "Et puis nous nous pleurons/mais ensemble"
    Tragédie ordinaire,très beau!

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