Fabrice Farre


Poèmes de poche (2)


Quai

Le vent attrape l'écharpe égarée.
L'adieu a ceci de pudique :
il ne dit jamais son nom
en présence de témoins.


Œil

Dans l'œil je vois
la pupille de la terre
le lac paisible de l'iris détendu
un vol possible au ciel
derrière la vitre de l'œil de la serrure.


Circonflexe

J'aurais mis volontiers
un accent circonflexe
sur le u d'amertume.
C'est un mot qui a la gloire
mélancolique du s humain.







Fabrice Farre a récemment publié : La figure des choses (Henry), Le chasseur immobile (Le Citron Gare), Ligne (La Porte), N'ai-je (Encres vives), Loin le seuil (La Crypte, 2017) et Poupée russe (Encres Vives, 2017). Ses textes sont présents dans plus de cent revues, en France et à l'étranger. Son blog : « Poésie contemporaine... peut-être » (http://biendesmotsencore.blogspot.fr/). Présent dans les n°s 4 et 16 de Lichen.

2 commentaires:

  1. Des poèmes de poche qui en disent long avec subtilité.

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  2. cela donne envie de vous "faire les poches"!

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