Frédéric Perrot

Dans le brouillard

À pas lents
Il avance dans le brouillard

Se perdre plus avant
Aurait quelque chose de navrant

Style de plats romanciers
Il revit la scène
Gravit les escaliers
Sait où son désir le mène

Comme un automate

Bientôt tout sourire
Elle lui ouvrira ses bras
Heureuse de la nuit à venir
Et le mensonge continuera

Avec une sorte de hâte à présent
Il avance dans le brouillard

Se perdre plus avant
Aurait quelque chose d’obscène

Les mêmes mouvements
Les mêmes scènes

Mais il souhaite se perdre

Oublier toute prudence
Se livrer au hasard

Parvenir à ce point

Où il n’y aura plus de différence
Entre lui-même et le brouillard


Où le mensonge cessera

Dessin d’Éric Doussin



Né à Nancy en 1973, Frédéric Perrot a très longtemps vécu à Metz et s’est installé à Marseille voici quatre ans. À ce jour, il a publié une quinzaine de textes dans la revue Traction-Brabant (de Patrice Maltaverne) et un recueil auto-édité (Les heures captives, 2012). Ce poème est extrait du recueil inédit La solitude imaginaire.

3 commentaires:

  1. Très beau texte et dessin très réussi, entre ombre et lumière, on dirait une photographie. Bravo aux artistes!
    Céline

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  2. L'immersivité d'un passage de roman "gris" caractérisé par l'estompe dans l'indécis, photo à l'appui, voilà ce que je trouve d'intéressant dans votre texte, à mes yeux remarquable sous cet angle, celui du potentiel narratif de la poésie.

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  3. Merci pour ces commentaires. En effet, le poème est discrètement narratif et dans une "immersion" qui est celle du brouillard ! Frédéric Perrot

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