Géry Lamarre

Vents II

Volets fermés
seul perce l’obscurité
de mes draps de rêve
le souffle puissant
de cet animal
sauvage
sauvage et fabuleux
son souffle
profond sa respiration

Fabuleux
de mille et une vies
et renaissances
conquérant terres et mers
sources et cimes inaccessibles

Et sauvage
dansant la forêt
et les espaces libres et infinis
mugissements de dragon
ancien
réveillé par nos agissements
s’élèvent indolents

Là quelques arbres
fétus brisés
signent
son passage ses errances
ailleurs des flots sont soulevés
alors qu’ici
son souffle
traverse les interstices
de mes volets fermés
fait trembler d’effroi les fenêtres
et se réjouir mon être archaïque





Né en 1962 à St-Omer, il vit aujourd’hui près de Lille. Diplômé en Histoire de l’Art et en Arts plastiques, il peint depuis 1992 (gerylamarre.com) et expose aussi bien en France qu’à l’étranger. Depuis cinq ans, ses recherches plastiques l’ont amené à « entrer en poésie », comme une évolution complémentaire. Il a contribué à plusieurs revues : Neige, Lichen, Journal de mes paysages,  FPM, Incertain Regard et Le Capital des Mots, ainsi que des illustrations pour 17 secondes. Son site peinture : gerylamarre.com ; son blog poésie : http://gery-lamarre.eklablog.com.

1 commentaire:

  1. Hommage au vent, ce souffle primitif qui rôde depuis toujours sur les terres des jours. Hommage aux vents auxquels vous consacrez ces vers d'une poésie intemporelle et comme archaïque qui, par là, gagne davantage en puissance expressive. C'est beau comme du Virgile, ce qui n'est pas rien ! Michel Diaz

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