Hoda Hili

Nasses
(Aphorismes poétiques)

XXI.
Je t’admire, car il faut de la force pour supporter d’être si triste
Il faut un cœur comme un puits artésien, des exsurgences, signes
De profondeur  

XXII.
Enfant du printemps
L’hiver est utérin
Mais au chaud, la pierre est aimante

XXIII.
Si, comme moi, ta langue maternelle est le silence
Cherche les mots de ton impermanence sur tes pas
Et marche. Lentement.

XXIV.
Les jonquilles jalousent le jaune du soleil et se languissent de lui

XXV.
Dans l’infiniment petit, la lutte est intime 
Le mal te connaît mieux que tu ne te connais toi-même
Mais tu sais prendre soin de toi, au fond. Sens-tu qu’il faut s’aimer ?

XXVI.
Sois fort ! Ose être fragile.


Hoda Hili est philosophe de formation. L'indicible tu par le concept, porté par l'autre langue qu'est la poésie, comme dit Yves Bonnefoy, est son medium de prédilection. De Rodenbach à Vence est son premier recueil poétique publié (Éditions de l’Eau douce, septembre 2016).


8 commentaires:

  1. J'aime infiniment, Hoda. Uppercut tout en douceur.

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    1. merci Colette, cela me touche infiniment

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  2. Autant de grains à croquer du regard intérieur, et qui germent en arborescence.

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    1. merci Clément G. Second pour votre don à l'expansion poétique, écho vibrant à ce qui résonne et déraisonne, et que le choix de vos mots porte

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  3. Oh oui ! C'est juste et beau !!! Merci.

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    1. merci à vous... j'accueille vos exclamations avec plaisir, comme un sourire franc

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  4. Narki Nal 04mai 2017 14h24
    "Sois fort ! Ose être fragile." Peut-être le masculin convient-il bien ici... J'ai été tentée d'écrire Sois forte! Ose être fragile puis j'ai pensé que, non, nous, nous le savions... "car il faut de la force pour supporter d’être si triste" et je ne connais peu de femmes qui ne sachent être si tristes souvent... Merci pour ces pensées en mots écrits.


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  5. Une vérité profonde traverse vos nasses, à lire et relire.

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