Hubert Le Boisselier



Parler (2) 

Va pour un mur 
Si il n'y a que ça 
Si c'est la seule présence en cet espace 
J'aurais préféré quelqu'un 
Du vivant 
Pour faire des rimes apaisantes 
Mais si il n'y a qu'un mur
Alors va pour l'obstacle 
C'est peut être mieux comme ça 
Un vivant c'est plus compliqué 
Trop 
Alors si face à toi tu as quelque chose de dur 
Si tu te cognes 
C'est peut-être plus simple 
Pas besoin de parler 
Juste se taire et faire 
En revenir au corps 
Aux gestes sans paroles 
En venir aux mains 
Va pour le mur à abattre 
Soudain un besoin de respirer 
De libérer des poumons plongés dans la pierre 






Né à Rouen en 1968, Hubert Le Boisselier vit et enseigne près de Lille depuis 1993. Passionné de littérature et de cinéma, il admire particulièrement les Sonnets de Shakespeare, la poésie d'Aragon, d'Aimé Césaire et de Dylan Thomas ; le cinéma d'Alfred Hitchcock le fascine et celui de Pedro Almodovar le touche beaucoup. Plusieurs de ses textes ont été publiés dans les revues La volée, Filigrane, Infusion, Le Capital des mots. Présent dans les n°s  9, 10 et 14 de Lichen.

1 commentaire:

  1. ... Et pourtant ici encore vos gestes ici sont paroles. Oh ce n'est pas pour le regretter ! Votre façon d'alpaguer ce réel pour l'uppercut respiratoire m'intéresse et me plaît.

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