Ignacio J. Santanilla-Bahi

Instantané

Au vent gré des flots,
Au courant du libre cours
Je pars


Pente où l’acacia fleurit
Trembles dans le ressac de l’aouro
Champ à mûrir à l’est
Haie de genêts
Pont comme on cligne des yeux
Terre à nue tailladée de sillons
Roseaux presque bruns le long d’un lit en béton
Maisons qui se sèment et ciment presque une colline
Mas dans l’odeur des pommes


Le temps ralenti et des voix se lèvent, les rails sont plus immobiles
s’enlacent et se distendent


Le train repart.
Déjà un tube où mon reflet deux fois tremble
sur un fond de nuit
un tube comme le souffle de rapides à me presser les tympans


Dehors la pluie se fait brume
Envahit les vallons
Et se sublime dans le vert des cimes et le noir argent de l’asphalte.
Des gouttes comme des flagelles courent sur la vitre en travers en diagonale,
remontent le temps…
Est-ce que je retourne là d’où je viens ?
Vais-je là où je me suis ?







Ignacio J. Santanilla-Bahi, 32 ans, est diplômé en Art du spectacle, Histoire de l’art et archéologie et il vit entre le Gard et le Doubs. C’est sa première apparition dans Lichen.

2 commentaires:

  1. Riders on the storm! La bienvenue Ignacio.

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    1. Merci mille fois pour le clin d'oeil ! Ça me touche.
      Merci pour votre accueil

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