Jiani Abert

m’essouffle
bourrasques
ces souffles j’
expire
lacèrent
le temps
déchirent j’
inspire

d’un ciel
rincé
la plonge
ouaté
regard
hydrophile

vagues
et vues
s’effilent
aux thrènes
des gueules
éther

                                   s’éponge
iris
ô jeûne
lueur
baiser
lacrymal



Jiani Abert, né en 1969, vit à la Roche-sur-Yon, en Vendée. Il écrit depuis de nombreuses années principalement de la poésie, sans avoir cherché à éditer. À 20 ans, la rencontre de Louis Dubost, poète et éditeur (le Dé bleu), est décisive : il entame un long travail sur son écriture, qu’il veut concise, où chaque mot se trouverait indiscutablement à sa place et qui donnerait à l'ensemble une forme parfaitement articulée, instantanément aérée, sans fioritures. Aujourd’hui encore, et plus que jamais, il ne cesse de découvrir, d'expérimenter, de méditer les choses essentielles de la vie. Deux de ses poèmes sont parus dans la revue Lélixire en 2012. Présent dans le n° 14 de Lichen.

4 commentaires:

  1. en vous lisant on a cette impression de chercher à respirer, de suffoquer. Je suppose que c'est voulu. Au départ, je pensais dire que je n'aimais pas mais au final, je pense que votre texte vaut la peine d'être lu et a une belle originalité.

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    1. Merci pour votre lecture. C'est avant tout pour cela que l'on écrit. Ensuite, en fonction de vos ressentis, du moment, des saisons ou vous recevez le texte, celui-ci vous touche plus ou moins. Il faut y revenir, certes. Et en ce qui me concerne, je ne dis jamais d'un auteur "j'aime ou j'aime pas" ; mais seulement je suis touché plus ou moins... voire pas. Et je vais relire, c'est sûr, en d'autres lieux et circonstances...
      A présent quant à mon poème et vos impressions, vous êtes dans le vrai. Mais je vais rajouter : la vie et donc le souffle est par essence périlleux. Penchez-vous à même la terre, ouïr sa respiration, enfantant la nature, les choses dont nous faisons parties. Nos racines sont bien là et non au beau milieu de nos villes. La nature est pugnace, farouche lutteuse. Tout comme le lichen...

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  2. C'est rythmique, musical et la chute semble solder un orage sinon une tension... à lire à voix haute bien sûr pour lui donner toute sa force, merci

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  3. ... un orage, une tension ; oui bien sûr. Telle une délivrance à venir. Quant à musical qui sous-entend un certain rythme, tout à fait. La musique avant les mots. Merci pour votre lecture avisée.

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