Joëlle Pétillot


Pépie

L’arbre fontaine
Pleut des chants d’oiseaux
Les ailes du frêne
Régalent ma fenêtre
Le soleil amorce
Une marche discrète
Ses pas chaussés de brume
Dans un gris sans tristesse
Là-bas
Un merle chante
Plus fort que les modestes
Qui se contentent d’une note perlée
Pour la forme
J’ai la pépie
Crie alors le monde
Dont un merle pour une seconde
Se fait roi.








Née en 1956, au sein d’une famille à forte dominante artistique, Joëlle Pétillot a toujours écrit. Outre sa poésie (publiée dans de nombreuses revues), elle est aussi l’auteur de deux romans (La belle ogresse ; La reine Monstre) et d’un recueil de nouvelles (Le hasard des rencontres), parus aux éditions Chemins de tr@verse.
Son blog : http://www.joelle-petillot-la-nuit-en-couleurs.com/. Présente dans les n°s 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 10, 11, 12, 13, 14 et 15 de Lichen.

9 commentaires:

  1. Exactitude sureffilée, exquise, balancée aussi, et qui finit (ou débouche ?) en acmé comme certaines notes extrêmes (après les très intimes confidences) dans les sonates pour violoncelle & piano de Brahms. Moi, cette seconde de royale beauté, à la fin apparente du poème, ah comme elle me ravit !

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  2. Oh la belle aube ! Une note perlée plus une note perlée et c'est le chant du monde.

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  3. Comment faut-il caresser l'arbre fontaine, pour qu'il s'exprime avec générosité ?

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  4. Encore plus intense après une nuit difficile sur un banc. Les paupières se lèvent au rythme de la levée du jour et le Merle-Roi te dis: Debout Homme, toi aussi tu es un Prince, si tu le veux.

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  5. Maîtriser l'émotion des couleurs
    Cadrer la scène
    Liquéfier par deux fois les sons dans un monde déjà détrempé par le lexique...
    J'abrège:
    Quelle conteuse!

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  6. J'aime ! Il y a beaucoup de générosité et de délicatesse dans ce poème (et dans les autres). Quelque chose qui m'attrape par le cœur à tous les coups.

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  7. Un chant qui me séduit d'autant plus qu'il m'est familier. Merci Joëlle de le traduire si joliment par votre poésie.

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  8. Que rajouter de plus... De ces instants où la vie est si précieuse ; et je préfère me taire...

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  9. Ce sont vos poèmes qui nous donnent la pépie...Merci pour vos mots perlés, Joëlle!

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