Julien Boutreux

lueur

le vrai monde le seul je ne le connais pas
je me rappelle avant quand je croyais aux ombres
les pensais comme moi conversais avec elles
toi aussi tu pouvais être une ombre parmi
mille autres et pourtant pas avec ce regard


poids mort

marchant suis saisi du vertige

aspiré
à la pointe extrême du souffle

tête me tourne, corps se vide
n’ai plus de jambes
suis creux

pulsations de mon cœur assassinent

monde flottant bruit sourdement

nuit trouble ma vue

être flou
avoir mal
faire corps






Né en 1976, Julien Boutreux vit près de Tours. Il publie poèmes et nouvelles dans une trentaine de revues (imprimées ou électroniques) depuis 2014. Un livret aux éditions La Porte : L’oiseau de pierre (2016). En 2017, il lance la petite revue de poésie Chats de Mars.

2 commentaires:

  1. Ma préférence est pour chacun des deux ... ;-) Le deuxième saisit entre autres par la privation du pronom personnel sujet, impressionnante ! Et quelle déclaration fine va perçant du premier ! Merci à vous

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  2. Clément G. Second n'a pas son pareil pour relever la finesse tout en finesse. Dire qu'il m'ôte les mots du clavier serait malhonnête. Je me contenterai de dire merci aussi.

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