L’Atelier du don de mots


Les textes obtenus avec les mots donnés

Ce mois-ci, seul(e)s six lichénien(ne)s ont participé à l'exercice, malgré la température et les vacances... Qu'ils en soient chaleureusement remerciés ! (G. de P.)


Neptune dézingué

Une tempête apoplectique s’essoufflait sur la grève. La mer à obsolescence déprogrammée ourlait le rivage d’une abyssale barbe d’écume. Un australopithèque en pantoufles avançait le long de cette couture de sable et d’eau.
Une flûte à son bec, il poursuivait son itinérance dans un sourd clapotis de vagues domptées.  Neptune, avec gravité, lui intima : « Chut !! Qui es-tu pour me dézinguer ma tempête ? » En un clin d’œil, il avait dégainé sa rapière, prêt à transformer en dentelle ce malotru qui faisait de l’ombre au codicille. L’australopithèque, à l’aise et sûr de lui, haussa les épaules avec humour. Le soleil complice jeta un reflet ludique sur l’abraxas qu’il portait au cou. Neptune, cette grosse légume, fut catapulté sur la canopée, pleurant de tous ses pores.

(Colette Daviles-Estinès)


Clin d’œil

Avancer à la couture
De l’humour dentelle
Où les pores se fissurent
Et dézinguent le ciel
Tempête apoplectique
Aux pantoufles de brume
Pour reflets ludiques
Aux pieds de légumes
Deviner l’abraxas
De la mer abyssale
Ourler sa carcasse
Aux ruines glaciales
Sortir à la lisière
D’une lame fébrile
Où frémit la rapière
Où le cœur s’effile
La flûte, en clapotis
Codicille gravité
Souffle une mélodie
Dessus la canopée
à son aise, ce chant
S’échappe de son bec
L’éclat bref d’un instant
Australopithèque
Sourde itinérance
Portée par les vents
à l’obsolescence
Déprogrammée du temps
Chuuut... !
Sous sa barbe se glisse
Aux épaules de l’ombre
Un soleil complice
Où les peines succombent

(Bénédicte Rabourdin)


Barbe Bleue... la fin

Complice de l'obsolescence déprogrammée qu'il faut bien nommer, du genre australopithèque, Barbe bleue à l'ombre du soleil, les épaules pleines de gravité, mal à  l'aise dans ses pantoufles, écoute sans humour la mer ourlée de dentelles au clapotis de flûte sous le reflet ludique d'une tempête apoplectique qui avance et dézingue en un clin d'œil la canopée unique  fabriquée d'une fine couture. Chut !! dans un sursaut abyssal et sourd, rapière effilée serrée en main, transpirant de tous ses pores, Barbe bleue, la tête comme un légume trop mûr, au bec venimeux, furieux du codicille taillé qu'il vient de découvrir sur l'abraxas, se voit contraint d'itinérance... surprise ! À son insu, sa septième et dernière femme l'ayant destitué de son château...

(Sophie Marie Van der Pas)


Malbrough ou : Dans les pores de l’abyssal

Malbrough va-t-en pantoufles
Abraxas, abraxas, abraxas
Malbrough va-t-en pantoufles
ombre de  canopée (3 x)

Il reviendra z'à barbe
Abraxas etc…
Il reviendra z'à barbe
Ou à la gravité

L’itinérance se passe 
Abraxas…
L’itinérance  se passe
Obsolescence déprogrammée

Madame dézingue des flûtes
Abraxas…
Madame dézingue des flûtes
Sourde comme une rapière usée

Avance un australopithéque
Abraxas…
Avance un australopithéque
Reflet ludique de ses pensées

Tempête apoplectique
Abraxas…
Tempête apoplectique
Légume calciné

Le soleil en dentelle
Abraxas…
Le soleil en dentelle
Humour décapité

Clin d’œil complice
Abraxas…
Clin d’œil complice
Épaules bien ourlées

Malbrough fait à son aise
Abraxas…
Malbrough fait à son aise
Clapotis en mer malaise

Madame était tourment
Le v’là débarrassé !

Codicille :
Parole d’Élisée Bec (chut!), musique de CharlÉlie Couture.

(Éric Cuissard)


On peut apporter son manger !

L'obsolescence déprogrammée des Australopithèques,
les clapotis de la mer.
Les légumes découpés à la rapière et sans complice,
L’itinérance en pantoufles, pour dézinguer l'humour.
Une canopée de dentelle qui à sa barbe et sur ses pores
affiche un reflet ludique sans gravité ;
Mais chut !!
Se faire ourler le bec
dans une chambre sourde,
tour à tour ombre et soleil
sur nos épaules.
Le mot « abraxas » comme codicille pour faire avancer...
clin d’œil, haute couture,
Prendre son aise dans une tempête apoplectique,
L'abyssal comme un air de flûte.

(Paul Polaire)


Jour d’inauguration au musée

L’arrivée d’un nouvel australopithèque est l’occasion de renouveler les galeries à l’obsolescence déprogrammée.
Le bâtiment majestueux abrite tout ce que l’itinérance de l’Explorateur peut rapporter sans le dézinguer, après avoir traversé la mer et une tempête apoplectique. Il y a là une flûte, des légumes, une rapière, des pantoufles ourlées de dentelle, un bec, des échantillons de couture. Dans un codicille, nous découvrirons plus tard qu’il était à son aise et non dans une ruine abyssale comme il lui plaisait de nous le faire croire.
Dans le jardin attenant, le soleil crée l’ombre sous la canopée, le clapotis de la fontaine projette un reflet ludique sur l’abraxas. N’apercevons-nous pas des épaules, et … une barbe ? Chut ! Glissons un clin d’œil complice, restons sourde et continuons d’avancer.
Dans ces circonstances, pas question de gravité, gardons le sens de l’humour dans chacun de nos pores!

(Maïk)


Chut, la flûte !!

Par une sourde tempête apoplectique,
un Australopithèque à barbe de soleil
avançait à l’aise en pantoufles
sur la mer abyssale de la gravité
dont l’obsolescence déprogrammée
ourlait ses épaules de haute couture ;
mais, en un clin d'œil complice, 
l’ombre d’un codicille en itinérance
jeta soudain un reflet ludique
sur le bec des légumes de canopée
tandis que l’humour sauvage des clapotis 
dézinguait sa rapière ornée d’abraxas,
tous ses pores en dentelles.

(Guillemet de Pärantez)



5 commentaires:

  1. Réponses
    1. Prendre un texte existant et y placer des mots donnés est un truc de chansonnier. Votre poème est bien sympa.L'obsolescence déprogrammée de l’australopithèque est bien vu, en effet on en croise régulièrement! Guillemet reste le meilleur dans la mesure ou le jeu consiste à utiliser le moins de mots supplémentaires possible, mais il est hors compét!

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  2. Bravo à tous! Votre chorale m'enchante.

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