Laure Escudier

les mots transpirés du regardé, dans l'ombre d'un arbre isolé

j'entends parler le frémissement du vent, les rugueuses parois se meuvent et l'ombre arpente l'âme voyageuse
les visages de la nature imprègnent l'écart du temps qui se perd entre les herbes arquées et frêles
les mots du monde se mettent à danser et les chemins s'écartent, l'eau de la terre bout incessamment
le gris du ciel se reflète dans les langueurs du rire
un soupir s'ébruite au sein des bourgeons muets
je ne suis pas seule, ici, le constat se métamorphose


au plus près

l'eau froisse les sols et chante, l'instant grimpe les avalanches et engloutit
le retour, les sillages du regard irradié
être et ne pas aller, simplement rester, intime et présent, ignition
extatique
les décombres se valent, l'évidence est fragile, les mots sont futiles
l'autre regard est un contresens






Laure Escudier pratique la poésie, le dessin et la musique (composition et violon) depuis la petite enfance et s'attache à relier ces trois disciplines au sein de projets variés (concerts de création, mise en musique de ses textes, publications de poésies et de dessins, expositions, lectures poétiques, graphiques et musicales...). Ses textes ont été publiés ente autres aux éditions du nain qui tousse, dans les revues L'Intranquille (éditions de l'Atelier de l'Agneau),  17 secondes, Traversées, Méninge,  Incertain regard, Souffles... Son site : http://www.laureescudier.com. Ces deux textes sont extraits du recueil inédit Sous l'écorce des arbres. Présente dans les n°s  11 et 14 de Lichen.

2 commentaires:

  1. On se nourrit de votre présence au monde qui est tout à la fois présence du monde à vous, sensations, mouvements, surgissements, manifestations multiples, habitation du sujet par ce qui l'entoure, reprises du sujet dont la pensée émane, visite les choses, s'exprime comme à la fin du deuxième texte en substantielle sagesse. Une écriture si féconde.

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  2. Un immense merci pour votre commentaire qui me touche profondément tant il est juste et met en évidence ma propre recherche, perception du monde et sensibilité, observation vivante de la nature, des éléments qui nous entourent et cette imprégnation permanente des choses. L’observation tranquille d’un monde en mouvement mais aussi aspiration, circulation du monde à nous, du monde en nous… Vibrations multipliées, décuplées, frissonnantes et exaltées, ou lumineuses et paisibles - simplement là, c’est l’essentiel -, toujours en circulation et vives, sans artifice. Vos mots très justes sont l’écho de ma pensée. Merci.

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