Laurène Guarneri

Miroir

Il se trouve là, ayant plusieurs présences, tout en restant à un seul endroit. 
Toujours mouvant, toujours dans le réel, toujours dans le présent.
Il garde des choses ce qu’elles proposent, sans plus ni moins. 
Ce qu’il prend, il ne le garde pour toujours.
Il ne décide pas, c’est aussi bref que la rencontre. 
Il pose son regard objectif sur ce qui se fait présent à lui, sans valeurs de jugement. 
Je le vois, je le regarde, il me donne ce qu’il manquait de moi.
Grâce à lui, je me reconnais sans ne m’être jamais vu avant, je le crois. 
Tout en le sachant neutre, juste, impersonnel, je le regarde parfois comme étant la frontière entre la réalité et un autre monde. 
Seulement, il ne voit que d’un côté. 
De face je vois un double, de côté je vois deux mondes, de derrière je vois un objet. 
Il y a quelque chose de magique. Il transforme la matière en une image, il donne au monde son envers, sans en être l’intérieur ou l’arrière mais une nouvelle face.

*

J’écris pour garder des jours, garder des heures. Marquer des moi, marquer des autres.
À ce temps-ci, midi ou minuit.
Un commun, bientôt démodé.
Il tend à être un nouveau monde, entre l’empreinte, l’ombre ou le reflet.

*

Où vont finir les gestes et faits d’aujourd’hui  ?

*

Que reste-t-il de ce que l’on n’a jamais donné, dit, écrit, fait  ?





Née en 1991, Laurène Guarneri vit et travaille à Paris. Artiste plasticienne, elle travaille la matière et les mots afin de conserver des instants, capter des scènes et des pensées fugaces. Les choses simples que l’on oublie trop rapidement ou que l’on ne voit plus. Des réflexions parfois existentielles qui se posent sur ce qui nous fait, ce qui capte nos sens et ce qui en ressort. La contemplation de ce qui vit. Son site : http://laureneguarneri.tumblr.com/. C’est sa première apparition dans Lichen.

1 commentaire:

  1. Quand le miroir réfléchit, ça me glace! Lire: Le portrait de Dorian Gray.
    Le reflet, l'empreinte, l'ombre, beaux sujets! Voyez aussi graffiti (pas graph ni tag, c'est autre chose)et palimpseste bien sûr. Et faites nous exploser tout ça! Bienvenue en Lichénie.

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