Le Golvan

Encore sept autres extraits inédits de Jours

Comme aucun jour tu t’es blottie, tête penchée contre moi, et tu m’offres tes cheveux à respirer. Il faut du temps pour que mon souffle berce ta petitesse aux jambes pourtant lointaines. Ce n’est pas que tu bouges, mais je m’accommode à toi, petit nombril flotteur à la surface de mon ventre sans tempête, qui te cherche comme origine, puisque je te respire.

*

Je pensais que ne plus te regarder un temps secouerait ma vigilance. Tu joues là sur tes propres genoux sans attendre les miens, qui n’appellent pas. Peut-être nos jours s’éteignent-ils doucement dans cet amour intact, mais procédant de lui.

*

Je ne voudrais pas seulement t’accompagner.
Mais je sais qu’à relâcher un instant mon bras comme je marche ; tu donneras encore la main.
Le bonheur va automatiquement.

*

Nos liens sont-ils autant de circonvolutions ? Une pelote au jeu d’écrire ? Une patience à crocheter le temps ?

*

Est-ce que tu as déjà vu une femme toute nue dans la rue ? Ta comptine m’oblige si peu à répondre oui. T’écouter dire suffit à tout voir.

*

Maintenant que, devant un film, tu autorises le rire à t’emporter aux larmes, c'est ta retenue antérieure qui fait l'énigme.

*

Je sais maintenant que tes doigts s’affineront au compte des cartes à jouer mais je me suis si inscrit dans ce temps-là que rien ne me manque de ce qui ne manquera pas d’arriver.





à Gien en 1971, Nicolas Le Golvan y enseigne le français. Ses travaux d'écriture touchent de nombreux domaines littéraires : il a publié trois romans, deux recueils de nouvelles, une pièce de théâtre, un recueil de poésie). Il participe également à plusieurs revues de création littéraire, dont Décharge, Dissonances, Squeeze, Inédit nouveau, Le cahier du Baratin, L’Ampoule, La Revue des ressources, Moebius, Incandescentes... Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Le_Golvan


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire