Lucile Lagadec

Terre à corps

Mon hiver
a perdu la mesure
de qui nous étions
Comme si tu étais une bûche
tout juste bon à faire le feu
Mon hiver a oublié
de verrouiller janvier
et les fantômes perdus
hantent tous mes puddings
Mon hiver
est de terre
et dans ce que tu me dis
je ne vois que des épinards mal lavés
Mon hiver me souffle
toujours les mêmes conneries
et fait tomber les branches mortes
dans l'oreille d'une muette

Ton hiver
est soûl.

*

L’une, pleine,
grasse et ascendante,
arrondie de joie
affriolée de lumière,
Miroitait tes petits désirs
au coin d’une rue sombre,
crasseuse.
L’autre,
pudiquement cachée derrière un noir nuage,
évitait d’éclairer
ce malheureux spectacle.






Lucile Lagadec, née le 02/01/1987 dins ch'nord, 30 ans, 1 m 59, 61 kg, 2 fils, 20 élèves, 43 carnets gribouillés, 24 km pédalés par semaine, 10 orteils. Signe particulier : très mal à l'aise avec les chiffres. Un blog : beuzegudr1.wordpress.com

4 commentaires:

  1. Prosaïsme et poésie antagoniques ? Fredaines, la preuve ! La sorte de rage drue, inventive, du premier, me convainc, mais j'aime aussi l'étrangeté à plusieurs entrées du deuxième. Vous avez non seulement des choses à dire, mais la fibre pour. À bientôt ?

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  2. L'une chante, l'autre pas! Beau texte Lucile.
    Clément, avez vous parcouru le blog de la jeune dame? Les textes enfermés me semblent une veine intéressante.

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  3. Je ne sais pas répondre aux compliments, alors je dis merci, toute rouge que je suis derrière mon écran, et m'en retourne assembler des mots.

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