Marie Natanson

Saint-Honorat

Permanence de l'île
encordée aux saisons
où frappent des vents contraires
cycles de vocalises et d'ablutions
éclaboussant l'or des toitures
le fond de l'âme sans recours.

Paradoxe de l'île
qui ne renonce jamais
à être ce qu'elle est
chair et esprit toute entière
dans l'exacte mesure des sacres
réconciliés.

Elle semble naviguer
sur un socle immobile
à la pointe des caps.


À mon frère cistercien…

En dépit du temps
En dépit de l'ombre
Tout en vous demeure vivant
Matière dense et concentrée.

Est-ce le choix de votre exil
Qui parle d'une seule voix
Dans la chair rouge des oursins
Qu'un dieu dépose comme une offrande ?

Ou bien la haute statue
Aux ailes découpées
Qu'une mer bleue subjugue ?





Née en 1968 à Toulouse, Marie Natanson Simpels vit son enfance près du Capitole, une scolarité distraite ; elle aime déjà les voyages et déambuler sur le fil des mots. S'échappant à 17 ans pour parcourir l'Europe, elle y travaille comme correspondante et journaliste, écrit de nombreux articles dans des revues culturelles ; lit assidûment Milan Kundera, Pascal Quignard et tous les poètes... À son retour en France, elle entame des études de psychologie. Elle vit désormais en beau Périgord. 

3 commentaires:

  1. J'ai tardé je l'avoue à les lire à fond, les ayant effleurés, sentant qu'ils envoûtaient... Je ne me trompais pas. Ils me laissent comme sans voix. Ecriture de douceur et de feu. Merci encore

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  2. Deux belles statues aux ailes bien découpées !

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