Marjorie Tixier


Enfance qui dure

Compter les minutes
Capturer les secondes
Retenir le temps
Qui passera forcément
Enfance qui dure déchire mon cœur

Encercler la mer
Balayer les montagnes
À la force des jours
Préparer les larmes et le retour
Enfance qui dure déchire mon cœur

Rêver l'issue
Redouter le départ
Et croire qu'après
Le meilleur sera passé
Enfance qui dure déchire mon cœur

Et finalement
Laisser les vêtements
Au bout du bout des mois
Et offrir les bijoux
Au bout du bout de moi
Partir et s'en remettre
Au hasard
Enfance perdue libère mon cœur







Marjorie Tixier

Elle vit en Savoie où elle aime s'inspirer de la beauté des paysages pour écrire. Lauréate du concours « Nos Lecteurs ont du talent » 2015, son premier roman Emmène-moi à Valparaiso a été édité en livre numérique aux éditions Chemin vert/ Place des éditeurs en novembre 2015. L'un de ses poèmes, « Tierra del Fuego » a été publié dans l'anthologie Rouges de la Maison de la Poésie de la Drôme. Présente dans les n°s 10, 11, 12, 13 et 14 de Lichen.

3 commentaires:

  1. Psalmodie, déclinaison du chagrin d'enfance... mais à perte (au sens propre et si positif) de désolation.
    Ce long et dur travail sur soi sobrement évoqué, comme le courageux pas final vers l'impévisible et la liberté par la perte, font de l'empathie la clef de lecture pertinente du poème.

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  2. Je ne sais pas si on la perd vraiment un jour. Ce n'est pas une clause de style : je ne sais vraiment pas. Pour moi tout ou presque tient entre ces deux pôles : Rêver l'issue
    Redouter le départ. Bien dit.

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  3. L'enfance quand elle dure nous aide aussi à vivre le quotidien autrement, même si elle fut difficile !
    Merci pour ce beau texe Marjorie

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