Michel Diaz


Un "poème" (désinvolte)
rédigé sur un coin de nappe en papier (restaurant Le skipper, St-Martin-de-Ré, 6 mai 2017)


A L. C., en le remerciant pour ses beaux silences
et à Philippe Fréchet pour les siens, qui ne le sont pas moins.

à force de tirer
sur la pelote de mes jours
mon temps tire à sa fin
et je n'ai toujours pas écrit
un vrai poème
un grand poème
ne serait-ce qu'un seul
(mais combien pourraient dire de même ?
et je pense cela sans m'en consoler)

j'avoue que j'ai l'air
d'avoir perdu courage
— et c'est peut-être plus qu'une impression

un coup d'œil dans la glace
un clin d'œil dans mon cœur
me donne envie
de la fermer à tout jamais

alors pourquoi me forces-tu à me pencher ici
Seigneur de ma vie
Toi le Grand Sourd-muet
à me pencher à cette table
au milieu de la nuit
à me demander comment être beau ?
(de la pure beauté de l'esprit)
à me demander comment être vrai ?
(de la vraie vérité de l'âme)
à ne jamais tricher avec mes sentiments
pour trouver les seuls mots qui importent ?

oui au moins
une seule fois






Michel Diaz a publié plus d’une vingtaine d’ouvrages (textes dramatiques, poétiques, nouvelles) chez différents éditeurs (P.-J. Oswald, J.-M. Place, Jacques Hesse, L’Amourier, L’Harmattan, Christian Pirot, N & B, L’Ours blanc, Cénomane, Musimot…). Outre des livres d’art en compagnonnage avec des artistes, peintres ou photographes, il a travaillé également sur de nombreux livres d’artistes à tirage limité. Collaborant à des revues (Chemins de traverse, L’Iresuthe, CRV, Poésie/Première, Écrit(s) du Nord, La Voix du basilic, Encres vives…), il est directeur de la collection « Nouvelles » pour les éditions de L’Ours blanc. Présent dans les n°s 5, 6, 7, 8, 12, 13, 14 et 15 de Lichen.

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