Paul Polaire

Ode à mon beau cabas

Fidèle comparse des tôt matins
quand du marché j'arpente le carreau,
je porte mon cabas bas quand il est plein de cacao !
Sous son tartan déguisé, qui n'a d’Écossais que les ptits pois,
aussi bourré que moi, mais de tant de victuailles
ton simili cuir m'est dévoué à l’œil et au doigt 
jusqu'à l'heure de faire ripailles !
Mais pour l'heure, du céleri qui dépasse
te fait chevelu sur de la tomate grasse !
Tant de Saint-Pierre, tant de Roma alourdissent tes flancs
mais tu résistes bellement à la charge,
tandis que je négocie ma tranche de jambon blanc 
et ma petite portion de fromage !
Je sais bien que tu n'en peux plus
après tant de loyaux services
tu ne refuses pas le Brie qui pue
ni le bouquet d'écrevisses.

De tes coutures fatiguées parfois
sourd comme un jus !
Du coulis d'cabas
et le monde voit bien que mon cabas bas coule
mon désarroi est tel que j'en fais des poussées d’eczéma
qui, autour de moi, ne rassemblent pas les foules !

Mais sache-le une fois pour toutes :
je t'aime mon beau cabas bas cool !    








« Que dire de soi-même sans tomber dans la complaisance ? », écrit Paul Polaire. Cet ancien cancre (ce dont il se dit « presque fier ») qui a été successivement palefrenier dans les écuries d'Augias, dresseur de poulpes dans un cirque, fille de salle dans une cage aux folles et, présentement, gonfleur en chef dans une usine à gaz — sans omettre une brève période d’intérim au cours de laquelle il fut derviche tourneur fraiseur chez Renault. « Je n'ai pas eu une vie facile », ajoute-t-il humblement. Présent dans les n°s 9, 10 et 11 de Lichen.

3 commentaires:

  1. Ah ah ! J'adore votre univers joyeux et pétillant ! Merci pour le sourire ! :-)

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  3. Je reconnais bien la un ami de la vie..

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