Pierre Andreani

Vol sans effraction

je ne trouve plus mon trousseau de clefs
il était là pourtant sur le bureau
au milieu des feuilles des livres sur le tapis de cendres
brillant d'acier et d'espoir
il me laissait ouvrir les esprits et les coeurs
je ne trouve plus mon trousseau de clefs
ça m'a semblé d'abord étrange puis j'ai compris pourquoi


Aux champs (malaise vagal)

spectateur de la nature
enfiévré moribond citadin
je me sens mal au milieu des arbres
j'ai le vertige dans les ronces
la nausée face à la mer
impatient immobile glacé
l'air pur me fait pleurer
les grands espaces et le vide me terrifient
comme si l'on venait dans mon dos
pour me maudire


Ligne dure

chaque jour à traverser la même rue comble
le regard sec
le souffle court des angoisseux
on me prend pour un tueur de grand-mères
ce qui me rend plus triste encore
et mon regard plus sec toujours



Pierre Andreani a publié un recueil auto édité (Un tel bombardement) ainsi qu'un Cahier d'Argentine (éditions du Port d'Attache, 2016) et plusieurs de ses textes ont paru dans les revues Banzai, Traction-Brabant, Comme en poésie, Le Capital des mots. Son site : p-andrean.blogspot.fr.

1 commentaire:

  1. cette plume comme toujours transpire ton âme vagabonde, blessée, égarée dans un brouillard d'amour profond

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