Pierre Morens



Un été, dans ta cuisine

Nue, comme
une fourchette en aluminium, comme
un couteau d’acier inoxydable,
comme un verre, bien sûr.

Espiègle comme une pincée de fenugrec
de cumin, de coriandre,
espiègle comme un grain de sel !

Et aussi de poivre.

Lisse et luisante
comme une assiette en faïence,
comme une tomate
ou — tradition oblige — une pomme
que tu aurais polie avec un torchon...

Fraîche comme une tranche
d’eau, comme une bouchée
de pénombre, une gorgée de pain frais.

Belle rieuse, dont le  torchon bleu
ondule dans l'ombre huileuse d'une cuisine,
je savoure le faste précaire de ta présence.





Pierre Morens écrit des poèmes et des articles (il importe de faire entendre la voix des autres) et il contribue à la revue culturelle Infusion. Présent dans les n°s 4, 7 et 10 de Lichen.

4 commentaires:

  1. UN jour ordinaire, extraordinaire. Ce "faste précaire" est bien dessiné;

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  2. Il suffit d'une présence pour rendre le faste précaire si savoureux...
    Merci pour ce beau poème !

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  3. Merci à vous et à vos lectures !

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