Pierre Rosin 4

Quatre poèmes
 

Sur la courbure de terre
Qui mène jusque
Là où les nuages repoussent l'horizon
J'incline mon visage sur ta joue
Nos yeux se perdent en un même regard
Les cheveux s'emmêlent
Tes lèvres tout près des miennes
Retiennent leur souffle
Et se laissent glisser
J'ai posé ma tête
Contre la tienne








Tu as démonté les dunes la mer le sable
les longs paysages de collines
le pont par-dessus la rivière
la sortie de l'autoroute
le chemin qui mène à la maison
les amis les voisins le chat
tout est rangé pour un hiver lent et monotone
tu as bouclé toutes les issues
tu effaces ton visage
silencieux
sous le voile blanc
du repli sur soi










Une feuille un crayon
des taches de couleur
quelques ratures pour la bouche
un nez des yeux placés n'importe où

Au hasard de l'inspiration
mon bonhomme est triste joyeux
parle facilement
parfois de travers

Je dessine la vie comme un gribouillis
où s'empilent nos destinées
les rêves les maladresses
ce qu'on en fait
colmater les manques
gommer le rêche
faire aller


  



Le soleil disparaît derrière un nuage
Une plante grimpante enserre
Ma poitrine
Je marche pieds nus
Sur la terre
Mémoire boueuse

Dans la brume seul
Les yeux écarquillés
Je scrute les contours du réel
De mon regard obtus





Peintre à l'huile, en images numériques et en poésie, illustrateur, Pierre Rosin lance ses lignes au hasard. Elles s'entremêlent, s'agrippent les unes aux autres et finissent par faire un dessin et du dessin naît une image. Il s'y accroche parfois des mots, des idées, des souvenirs vrais ou faux qui remontent et s'envolent comme un poème qu'on libère. Il expose ses images et poèmes qu'il a regroupés dans deux recueils poésie peinture « jardin doux et amers » et « courbures ». Son site internet : http://www.pierrerosin.fr/

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