Valéry Molet


Le réel

Entre l’altération et l’abolition
Le vide s’intercale, que le réel n’altère plus ;
Le vide est le réel lui-même,
Sans substitution, livré à lui-même comme un voyou,
Où rien n’évolue ni ne se perpétue.
Les atomes sont des haltères
Le crayon de plomb soulève à peine
Le hayon de pensées – vacantes – qui se meuvent
Bientôt sans raison dans la spirale de leur propre mouvement descendant.
Dans cette position, je me vois dans le fossé de tes yeux
Dont l’iris est barré par le code barre des cils.
D’autres barres métalliques forment un jury dans la plaine
Ce sont les sphinx assis des pylônes à haute tension
Qui jugent de l’encéphalogramme plat incomparable à leur propre tracas électrique.  


Le ragoût du soleil

Le soleil est dans son ragoût
C’est un œil de graisse au fond de la casserole céleste
Mort ou presque comme les êtres qu’il régale de son timbre cosmique —
J’entends sa voix, l’hiver surtout
Et la mort de toutes les morts — morts contre les morts — agite un dessein





Haut fonctionnaire (après l’ENA et un DEA d'histoire), Valéry Molet a été successivement magistrat financier, directeur général de l'Université Paris 8, délégué général au Grand Lyon et il est actuellement directeur général du département 93. Plus intimement, il lit et écrit depuis très longtemps essentiellement (poésie, philosophie et littérature) et il vient de se décider à envoyer ses textes... sur le tard. Il a aussi écrit quelques romans dont l’un est en cours de publication. C’est sa première apparition dans Lichen.

2 commentaires:

  1. Vois la lune qui te cafarde, cette américaine moucharde qu'ils ont vidée de ton pipeau. Léo Férré!

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  2. "Mon pauvre Pierrot, vois la lune qui te cafarde, cette américaine moucharde qu'ils ont vidée de ton pipeau!" Léo Férré.
    La bienvenue sous notre soleil.

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